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Alexandre : Prix du meilleur papier étudiant à l’IAC 2025

Publié le

12 Mar 2026

Participer à une conférence internationale peut transformer un parcours. Pour Alexandre Bouraoui, étudiant en 3ᵉ année à l’ISAE-SUPAERO en 2025, l’expérience du 76th International Astronautical Congress (IAC 2025) à Sydney en est la preuve. Grâce à une bourse de la Fondation ISAE-SUPAERO, il y a présenté ses recherches et remporté le IAF Student Competition Award 2025 (Graduate Category). Une expérience qui l’a mené bien plus loin qu’il ne l’imaginait : jusqu’à 2026.

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Que représentait l’International Astronautical Congress pour vous et pour la communauté spatiale ?

Lorsque j’ai appris ma sélection par l’Association Aéronautique et Astronautique de France (3AF) pour représenter la France dans la compétition étudiante du 76ème Congrès International d’Astronautique, j’ai immédiatement compris que cette opportunité dépasserait largement le cadre académique.

Mon objectif initial était triple. Premièrement, j’aspirais à représenter dignement mon pays et mon école, l’ISAE-SUPAERO, sur la scène internationale de l’astronautique. Deuxièmement, je souhaitais présenter les résultats de mes recherches menées au département DEOS devant un public d’experts reconnus mondialement. Enfin, et c’est peut-être le point le plus important pour mon avenir professionnel, je voulais profiter de cette expérience unique pour créer un réseau dans l’industrie spatiale internationale, un secteur qui me passionne depuis toujours et dans lequel je suis actuellement apprenti chez Thales Alenia Space – quand il écrit ses mots – et où je souhaite construire ma carrière.

L’IAC représentait pour moi bien plus qu’une simple conférence. C’est un rendez-vous incontournable de la communauté spatiale mondiale, là où se dessinent les futures collaborations internationales, où se rencontrent les acteurs majeurs de l’exploration spatiale, et où les jeunes chercheurs comme moi peuvent côtoyer les chercheurs, les ingénieurs, les agences spatiales et les industries. Sydney, avec ses 7000 participants venant de 99 pays différents, offrait un contexte exceptionnel pour cette première grande expérience internationale pour moi.

En quoi portaient vos recherches présentées lors de

l’International Astronautical Congress ?

Mon travail de recherche, réalisé sous la supervision de Romain Pascaud et Valentin Mazières au sein de l’équipe PAMPA, s’inscrit dans une problématique fondamentale pour le développement des futurs systèmes de propulsion spatiale et leur interaction avec les antennes. Les plasmas couplés inductivement, ou ICP pour Inductively Coupled Plasma, constituent une technologie prometteuse pour la propulsion électrique des satellites et sondes spatiales. Leur principe repose sur le chauffage des électrons par induction électromagnétique, sans contact direct avec les électrodes, ce qui permet théoriquement d’augmenter considérablement la durée de vie des propulseurs spatiaux.

La théorie prévoit que ces plasmas ICP devraient être parfaitement stationnaires, c’est-à-dire présenter des propriétés constantes dans le temps. Cette stationnarité est cruciale pour garantir une stabilité des communications avec la terre si l’antenne est proche de la plume du propulseur, ce qui peut être le cas sur les satellites du New Space qui ont tendance à se miniaturiser ou les CubeSat en général. Notre équipe a donc entrepris de vérifier expérimentalement cette hypothèse théorique, en mettant en place un dispositif de caractérisation permettant de mesurer les paramètres temporels du plasma.

Les résultats de notre étude ont révélé une réalité plus nuancée que la théorie ne le suggérait. Nous avons effectivement observé que le plasma ICP n’est pas parfaitement stationnaire. Des variations périodiques, bien que légères, apparaissent dans ses caractéristiques. Plus intéressant encore, nous avons pu corréler ces instationnarités avec la fréquence d’alimentation du système de génération du plasma. Bien que le temps imparti pour cette étude ne nous ait pas permis de quantifier précisément l’amplitude de ces variations, cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour optimiser les systèmes de propulsion spatiale et les études de compatibilité électromagnétique qui les entourent.

Pour le secteur aérospatial, ces résultats présentent un intérêt majeur. D’une part, au niveau des études EMC (compatibilité électromagnétique) comme dit précédemment, ils permettent de mieux comprendre les limites réelles des plasmas ICP et d’anticiper leurs comportements dans des conditions opérationnelles. D’autre part, ils suggèrent des pistes d’amélioration pour les systèmes de contrôle et de régulation de ces propulseurs. La caractérisation fine de ces instationnarités pourrait permettre, à terme, de développer des stratégies de compensation actives pour maintenir une poussée encore plus stable, améliorant ainsi l’efficacité et la précision des manœuvres orbitales des satellites de nouvelle génération.

Cette participation a-t-elle répondu à vos objectifs ?

Si je devais résumer mon ressenti en un mot, je dirais que cette participation à l’IAC 2025 a largement dépassé tous les objectifs que je m’étais fixés. Non seulement j’ai pu présenter mes travaux dans le cadre de la prestigieuse compétition étudiante, mais j’ai également eu l’immense honneur de remporter le prix du meilleur papier étudiant dans ma catégorie, qui était la catégorie principale. Recevoir cette distinction devant une audience de plus de 1200 personnes lors de la cérémonie de clôture restera sans aucun doute l’une des émotions les plus fortes de ma vie. Ce moment a cristallisé des mois de travail acharné au laboratoire et a validé notre approche expérimentale rigoureuse.

Au-delà de cette reconnaissance académique, l’aspect networking de la conférence s’est révélé extraordinairement fructueux. J’ai eu l’opportunité d’échanger avec plus d’une centaine de participants venant du monde entier. Ces conversations ont été d’une richesse incroyable, touchant à des domaines aussi variés que la propulsion électrique, l’exploration martienne, les constellations de satellites, ou encore les nouvelles technologies de fabrication additive pour l’espace. J’ai rencontré des ingénieurs travaillant pour des agences spatiales comme la NASA, l’ESA ou la JAXA, des chercheurs de laboratoires prestigieux, des entrepreneurs du New Space, et des responsables R&D de grands groupes industriels comme Thales Alenia Space ou Airbus Defence and Space.

Ma présentation a suscité un intérêt particulièrement marqué. De nombreux participants sont venus me voir après ma session pour discuter plus en détail de nos résultats et de notre méthodologie. Plusieurs m’ont demandé l’accès à l’article complet pour approfondir leur compréhension de notre approche expérimentale. Ces échanges ont été extrêmement enrichissants, certains experts me suggérant des pistes d’investigation complémentaires ou me proposant des collaborations potentielles.

Les sessions techniques auxquelles j’ai assisté ont également été sources d’inspiration. J’ai particulièrement apprécié les présentations sur les nouvelles architectures de propulsion hybride, les avancées en matière de boucliers thermiques réutilisables, et les projets d’exploration lunaire à long terme. Ces sessions m’ont permis de contextualiser mes propres recherches dans l’écosystème plus large de l’innovation spatiale et de comprendre comment les différentes briques technologiques s’assemblent pour réaliser les missions de demain.

Les quelques points négatifs de cette expérience restent mineurs comparés aux bénéfices retirés. Le décalage horaire entre la France et l’Australie, avec ses 9 heures de différence, a effectivement pesé sur ma forme physique durant les premiers jours. Le jet-lag a nécessité un temps d’adaptation qui a légèrement réduit ma concentration lors des premières sessions. Par ailleurs, l’intensité du programme, avec des sessions techniques démarrant dès 8h30 et se terminant souvent après 18h, suivies des événements de networking en soirée, s’est révélée physiquement exigeante. Cependant, l’adrénaline et l’excitation de découvrir tant de choses fascinantes ont largement compensé la fatigue accumulée.

Comment la bourse attribuée vous a soutenu ?

Le soutien financier de 800 € que m’a accordé la Fondation ISAE-SUPAERO a joué un rôle déterminant dans la concrétisation de ce projet. Face à un coût total de participation estimé à 2500 €, ce financement a couvert deux postes budgétaires essentiels. Premièrement, il a intégralement financé mon hébergement à Sydney pour la durée du congrès, soit 700 € pour une semaine dans une location type Airbnb proche du centre de congrès. Deuxièmement, les 100 € restants ont contribué au paiement d’une partie des frais d’inscription à la conférence, qui représentaient un poste budgétaire conséquent. […]

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Sans ce financement crucial, j’aurais dû assumer seul l’intégralité des 2500 € nécessaires, ce qui aurait représenté un fardeau financier considérable pour un étudiant et aurait potentiellement compromis ma participation. Car le reste du budget a été financé par mes économies personnelles, couvrant notamment le billet d’avion Toulouse-Sydney-Toulouse et le complément des frais d’inscription. Cette participation financière personnelle importante témoigne de mon engagement et de ma détermination à saisir cette opportunité unique, mais elle souligne également combien le soutien de la Fondation a été indispensable pour rendre ce projet réalisable.

L’impact de cette participation

L’impact de cette participation sur mon parcours professionnel dépasse largement mes espérances initiales. Concrètement, cette expérience m’a ouvert des portes que je n’aurais jamais imaginé franchir si rapidement dans ma carrière. Dans les semaines qui ont suivi le congrès, j’ai été contacté par une demi-douzaine d’entreprises et laboratoires de recherche internationaux qui souhaitaient échanger plus en détail avec moi sur mes compétences et mes aspirations professionnelles. Ces contacts m’ont conduit à participer à une dizaine de rendez-vous en visioconférence avec des responsables de programmes spatiaux, des directeurs de recherche et des managers de départements R&D.

Les débouchés professionnels

Ces discussions ont abouti à plusieurs propositions, aussi bien dans le domaine de la recherche que dans l’ingénierie spatiale, que ce soit sur mon parcours d’apprenti architecte payload à Thales Alenia Space, ou certaines concernant des opportunités de thèse dans des laboratoires travaillant sur des problématiques proches de mes intérêts en propulsion spatiale. D’autres portent sur des postes d’ingénieur R&D dans des entreprises développant les technologies de propulsion de demain, que ce soit pour des applications satellitaires ou pour l’exploration planétaire. La diversité de ces opportunités me permet aujourd’hui d’envisager mon avenir professionnel avec une vision beaucoup plus claire et des options correspondant à mes aspirations.

Le réseau professionnel

Au-delà des opportunités professionnelles directes, cette participation m’a permis de construire un réseau international solide dans le secteur spatial. Les contacts établis à Sydney constituent maintenant une ressource précieuse pour ma carrière future. Que ce soit pour des conseils, des collaborations potentielles, ou simplement pour rester informé des dernières avancées du secteur, ce réseau représente un capital relationnel inestimable. J’ai notamment échangé mes coordonnées avec des ingénieurs travaillant dans des agences spatiales comme la NASA, l’ESA, le CNES, la JAXA et des entreprises comme Rocket Lab, Lockheed Martin, Maia Space ou encore des start-ups innovantes du New Space européen.

Sur le plan personnel

Cette expérience a également renforcé ma confiance en mes capacités à évoluer dans un environnement international aussi exigeant. Présenter mes travaux en anglais devant un public d’experts, défendre mes choix méthodologiques, et être capable de discuter de manière approfondie avec des spécialistes m’a prouvé que j’avais les compétences techniques et relationnelles nécessaires pour réussir dans ce milieu. Le prix remporté constitue aussi une validation externe de la qualité de mon travail, un argument de poids pour mes futures candidatures, que ce soit en thèse ou en entreprise.

Sur le plan technique

Enfin, les sessions techniques auxquelles j’ai assisté m’ont permis de découvrir des sous-domaines du spatial que je ne connaissais pas et qui étaient très intéressants. J’ai découvert des problématiques fascinantes auxquelles je n’avais jamais réfléchi, notamment les sessions techniques sur les problèmes autour des rendez-vous en orbite, des approches méthodologiques innovantes pendant les sessions MBSE, et des synergies possibles entre différents domaines de l’astro en général, comme la séance plénière sur l’astro-archéologie en Amérique du Nord. Cette vision élargie du secteur spatial m’aide aujourd’hui à affiner mon projet professionnel et à identifier les compétences complémentaires que je souhaite développer dans les prochaines années.

Quelles perspectives à la suite de cette participation ?

Cette participation à l’IAC 2025 a transformé ma vision de ma future carrière dans le spatial. Elle m’a ouvert une dizaine d’opportunités concrètes, allant de propositions de thèse dans des laboratoires internationaux à des offres de postes en R&D dans des entreprises spatiales en Australie ou aux E.A.U. Le réseau international que j’ai construit avec plus d’une centaine de professionnels issue du monde entier constitue un réseau précieux qui me permet aujourd’hui d’avoir une vision globale de l’industrie spatiale.

Le prix remporté valide la qualité de mes recherches et renforce considérablement mon CV et permet à SUPAERO de briller à travers mon travail. Sur le plan personnel, cette expérience a renforcé ma confiance en moi et mes capacités à évoluer dans un contexte international. Enfin, cette immersion m’a permis d’identifier précisément les domaines qui me passionnent et les compétences que je souhaite développer, me donnant une vision plus claire de mon projet professionnel.

LE message d’alexandre Bouraoui aux donateurs

Etudiant en 3ème année

Témoignage-A_BOURAOUI-profil

Chers donateurs,

Je tiens à vous adresser mes plus sincères remerciements pour votre généreux soutien qui m’a permis de participer au 76ème Congrès International d’Astronautique à Sydney. Votre contribution a été décisive pour rendre cette expérience possible et a littéralement changé ma trajectoire professionnelle.

Grâce à vous, j’ai pu présenter mes recherches sur la caractérisation des plasmas ICP devant la communauté spatiale internationale et remporter le prix du meilleur papier étudiant dans la catégorie principale. Cette reconnaissance devant 1200 personnes restera l’une des émotions les plus fortes de ma vie. Au-delà du prix, votre soutien m’a permis de construire un réseau international solide avec plus d’une centaine de professionnels du secteur spatial, réseau qui m’a déjà ouvert une dizaine d’opportunités concrètes pour la suite de ma carrière.

Votre investissement a eu un impact considérable : vous avez investi dans mon avenir et contribué au rayonnement de l’ISAE-SUPAERO sur la scène internationale. Sans vous, cette opportunité unique m’aurait été inaccessible.

Merci infiniment pour votre générosité.

De l’IAC en 2025

à l’Université de Yale en 2026

La participation d’Alexandre Bouraoui à l’IAC 2025 illustre parfaitement l’impact concret des bourses attribuées par la Fondation ISAE-SUPAERO. En lui permettant de présenter ses travaux sur la scène internationale, ce soutien a contribué à faire émerger un jeune talent de la recherche spatiale, récompensé par un prix prestigieux et intégré dans un réseau scientifique mondial.

Cette dynamique s’est poursuivie après la conférence : grâce aux contacts noués à Sydney et à la visibilité acquise lors de l’IAC, Alexandre a décroché un stage de recherche de quatre mois à l’université Yale. Un nouveau projet rendu possible, là encore, par le soutien de la Fondation, qui lui a attribué une nouvelle bourse cette année, remise lors de la soirée des prix. Une belle illustration de l’effet multiplicateur de ces soutiens : accompagner les talents aujourd’hui pour faire éclore les carrières scientifiques de demain.

Je veux soutenir des projets professionnels comme celui d’Alexandre

Témoignage-A_BOURAOUI-Diplomé

Alexandre Bouraoui, Soirée des Prix 2026