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De bénéficiaire à donateur : Léo Briand, bénévole engagé devenu entrepreneur
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Huit ans après notre article sur la start-up qui souhaite changer le regard des jeunes sur la science, nous avons interviewé Léo Briand (S 2018), fondateur de Vittascience. Plus d’une décennie après ses premiers engagements au sein d’OSE l’ISAE-SUPAERO, il revient sur son parcours, son aventure entrepreneuriale, l’accompagnement dont il a bénéficié, et les raisons qui l’ont conduit, en 2025, à devenir à son tour donateur.
L’engagement étudiant : la graine d’un projet entrepreneurial
Après une classe préparatoire MPSI à Castres, Léo Briand intègre l’ISAE-SUPAERO en 2014. Dès sa première année, il s’engage dans l’Ouverture Sociale Étudiante de l’Institut, notamment à travers le tutorat et l’accompagnement de jeunes dans la découverte de la plongée sous-marine.
▬ « Ça m’a mené à passer le brevet de plongée pour ensuite pouvoir donner des cours dans le cadre des actions du programme. »
Il poursuit parallèlement son engagement dans le tutorat en classe auprès d’élèves du Mirail et de classes en réseau d’éducation prioritaire. Une expérience qui lui donne envie d’aller plus loin.
En deuxième année, dans le cadre de son Projet Innovation Recherche (PIR), Léo choisit la voie entrepreneuriale. Son idée : concevoir des mallettes pédagogiques permettant aux enseignants de faire découvrir les sciences de manière concrète et ludique. Avec trois camarades, il met alors au point un premier produit particulièrement ambitieux : une montgolfière de quatre mètres de diamètre, équipée de capteurs, que les élèves peuvent construire puis faire voler.
▬ « Ce qui était bien, c’est que ça avait un lien fort avec l’aéronautique. Il y avait un aspect engageant, vu que c’est un objet assez volumineux, mais assez sympa à faire voler, tout en abordant les aspects scientifiques de beaucoup de disciplines à la fois. »
Ce premier produit mêle ainsi mathématiques, physique, sciences de la vie et de la Terre et technologie : une approche que l’on retrouve encore aujourd’hui dans les solutions développées par Vittascience.
La reconnaissance par les premiers soutiens
Si le projet n’a pas de retombées économiques dès sa première année, il bénéficie rapidement d’un premier appui : OSE l’ISAE-SUPAERO prend en charge l’achat des composants nécessaires à la réalisation des prototypes. L’initiative est ensuite distinguée lors de la Social Cup, un concours d’entrepreneuriat social où l’équipe atteint le podium.
Léo poursuit ensuite ses études en double diplôme, avec un Master Innovation technologique et entrepreneuriat à l’École polytechnique. De plus, il bénéficie en 2016 d’un soutien de la Fondation qui lui permet de poursuivre le développement du projet tandis qu’il commence à en amorcer la commercialisation auprès des établissements scolaires.
▬ « C’était vraiment une marque de soutien qui avait beaucoup compté pour moi. »
Le premier kit, baptisé Kit Ballon Solaire, constitue le point de départ d’une gamme progressivement enrichie. Robotique, météo, intelligence artificielle, cybersécurité ou encore arrosage automatique : au fil des années, les mallettes se diversifient tout en conservant leur objectif initial : éveiller les jeunes aux sciences.
En parallèle de ses études, Léo commence donc à commercialiser ses produits auprès des écoles, collèges et lycées. L’obtention du prix Jean-Louis Girondeau de l’École polytechnique, récompensant les meilleurs projets entrepreneuriaux, conforte et renforce sa volonté de lancer l’entreprise.
Vittascience voit officiellement le jour en mars 2018. Léo s’y dédie à temps plein, notamment par la réalisation de son stage de fin d’études dans sa propre entreprise.
Les premières années sont cependant difficiles. L’entreprise se développe progressivement, sans aucune levée de fonds, principalement grâce à la commercialisation de ses solutions, complétée par différents prix et subventions.
▬ « Moi-même je ne pouvais pas me payer pendant les deux premières années. »
À partir de 2019, l’entreprise bénéficie du soutien du ministère de l’Éducation nationale via le dispositif Edu’Up, consacré aux innovations numériques dans l’éducation.
Vittascience fait évoluer son modèle : aux kits physiques s’ajoute une plateforme numérique au nom éponyme, consacrée aux sciences informatiques.
▬ « On propose à la fois des kits pédagogiques, mais aussi un logiciel qui permet de découvrir le développement, la robotique et l’IA. »
En 2025, Vittascience compte 15 salariés en France. Sa plateforme est utilisée par environ 500 000 élèves chaque année et plusieurs milliers de kits ont été vendus en France, mais aussi au Luxembourg, en Belgique et en Suisse : l’entreprise s’internationalise.
Le give back :
un cercle vertueux de reconnaissance
Après plusieurs années de développement, et alors que Vittascience s’impose dans son domaine, Léo commence à réfléchir à la manière de témoigner de sa reconnaissance.
▬ « Depuis 2023, la société commence à être mature, avec une bonne visibilité sur l’avenir. J’ai senti que c’était le moment aussi de rendre la pareille. Notamment à l’ISAE-SUPAERO, parce qu’ils furent les premiers à me soutenir, et c’est de mon engagement pour l’Ouverture Sociale Étudiante que l’idée est venue. »
En 2025, Léo choisit donc de faire un don de 5 000 € à la Fondation ISAE-SUPAERO, fléché vers OSE l’ISAE-SUPAERO, le berceau de Vittascience et la source de sa vocation. Pour lui, ce don s’inscrit dans une logique de transmission et de cercle vertueux : permettre à d’autres étudiants de bénéficier à leur tour d’un soutien au moment où il peut faire la différence.
▬ « J’avais un peu cette impression d’être redevable quelque part… C’était important pour moi de faire ça. Ces dernières années, je m’étais noté sur une petite feuille les aides dont je me sentais redevable et les personnes pour qui j’avais de la reconnaissance. »
Il insiste toutefois sur le fait qu’il ne considère pas son don comme une dette. Il s’agit plutôt de prolonger une dynamique dont il a lui-même bénéficié : cette logique de give back pour alimenter un cercle vertueux.
Le conseil de
Léo Briand
S 2018
Quels conseils donneriez-vous à un jeune étudiant qui souhaite se lancer dans l’entrepreneuriat ?
Avec désormais plusieurs années d’expérience entrepreneuriale, Léo porte également un regard sur le moment auquel se lancer. Il déclare :
« La première chose, c’est que ça n’a jamais été aussi facile que maintenant de se lancer. Objectivement, d’un point de vue création de structure, ça se fait très facilement. Et ensuite, avec les outils numériques, on peut facilement gérer les aspects administratifs, comptables, communication, etc. Enfin, les incubateurs peuvent aider sur énormément d’aspects, j’ai moi-même été accompagné par cinq d’entre eux.
En revanche, si on commence en étant étudiant, on a finalement très peu de contacts et d’expérience. Je pense que c’est à la fois ce qui fait la force et la faiblesse des projets.
Quand on est jeune, on est un peu « naïf ». Ça peut être une grande force parce que, quelquefois, on va se lancer dans des choses que les autres n’oseraient pas faire. Mais à l’inverse, cette naïveté peut mener dans le mur parce qu’on n’a pas suffisamment d’expérience.
Je dirais qu’il y a deux moments dans la vie où c’est vraiment bien pour se lancer : soit juste après les études, comme moi j’ai fait, où on est un peu naïf, on ne connaît pas grand-chose, mais on a l’énergie ; soit à partir de 35 ans, quand on a commencé à accumuler des belles expériences professionnelles et personnelles, qu’on connaît bien son secteur et qu’on a une certaine sécurité financière.
Et un dernier aspect, ce sont peut-être les contraintes matérielles. Quand on se lance à 23 ans, on n’a pas d’achat immobilier avec un prêt ou ce genre de choses. On a peut-être moins de contraintes dans la vie pour se lancer, ce qui permet d’avoir moins de casse si cela ne fonctionne pas. »
Une histoire qui continue…
De ses premiers cours auprès de collégiens et lycéens à la plateforme Vittascience utilisée aujourd’hui par des centaines de milliers d’élèves, Léo Briand a finalement poursuivi une même ambition : donner aux jeunes le goût des sciences.
Son parcours illustre aussi la capacité de l’ISAE-SUPAERO à faire émerger des projets, à accompagner leur développement et à faire perdurer cet engagement au-delà des études. Merci à Léo Briand et Vittascience, ainsi qu’aux autres donateurs sans qui ce genre d’histoire ne pourrait pas voir le jour.
Vous aussi, témoignez !
Vous avez été soutenu par la Fondation ISAE-SUPAERO et souhaitez, vous aussi, raconter ce que cette aide a changé dans votre parcours ? Vous êtes donateur et voulez témoigner ?
Votre témoignage peut contribuer à donner envie à d’autres alumni de s’engager pour la transmission.
