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FOODLYNX : la donnée au service de la santé digestive
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Découvrez le témoignage d’Antoine Barberin, l’un des bénéficiaires des Bourses Jeunes Pousses Entrepreneuriat 2026, des bourses d’amorçage financées par Jean L. Lamy. Il revient sur la genèse de FoodLynx, un projet à la croisée de la e-santé et de la FoodTech, visant à améliorer la prise en charge et des troubles digestifs.
Une approche nouvelle de la santé digestive
FoodLynx s’attaque à un enjeu de santé publique encore largement sous-estimé : les troubles fonctionnels intestinaux, qui concernent plusieurs millions de personnes en France. Le constat est clair : les parcours de diagnostic sont longs, complexes et souvent inefficaces.
Le projet propose une approche centrée sur la donnée. L’objectif est de réduire l’errance médicale en analysant les habitudes alimentaires, les symptômes et l’environnement des patients pour orienter plus rapidement vers un diagnostic pertinent. Cette approche permet de gagner du temps, pour les patients comme pour les professionnels de santé. Elle vise aussi à rendre les recommandations alimentaires plus accessibles au quotidien.
Un projet construit
avec le terrain
FoodLynx ne part pas de zéro. Il s’appuie sur une première expérience entrepreneuriale : Allergenius. Initialement conçu comme un “Yuka des allergies alimentaires”.
▬ “On s’est rendu compte que beaucoup d’utilisateurs utilisaient l’application non pas pour des allergies, mais pour des troubles digestifs.”
De plus, il fait un double-constat : l’errance médicale importante et le manque d’accompagnement.
▬ “Il y a en moyenne cinq ans entre les premiers symptômes et un diagnostic […] On vous dit d’arrêter le gluten, mais personne ne vous explique vraiment comment faire.”
Ces limites les ont conduits à faire évoluer leur approche pour FoodLynx. Cette nouvelle solution est plus large, orientée vers le pré-diagnostic et l’accompagnement des maladies digestives chroniques.
De l’analyse à l’orientation : un tiers de confiance
L’ambition de FoodLynx est de devenir un véritable tiers de confiance en santé digestive. La solution repose sur la corrélation entre données alimentaires, symptômes et facteurs environnementaux.
▬ “Faire de la prédiction […] et la croiser avec les symptômes pour orienter vers une maladie probable.”
L’outil ne remplace pas le diagnostic médical. Il permet d’identifier des pistes et d’orienter vers les bons professionnels de santé. À terme, la plateforme proposera aussi des services d’accompagnement : recommandations nutritionnelles, contenus pédagogiques, ou encore outils du quotidien. L’objectif est double : simplifier le parcours de soin et aider aux changements alimentaires.
Une stratégie issue de apprentissage
Le projet FoodLynx s’inscrit dans la continuité d’Allergenius, mais avec un positionnement différent. L’équipe a tiré des enseignements concrets de cette première expérience.
▬ “On avait un produit que les gens aimaient, mais on avait du mal à le monétiser.”
Cette fois, la démarche est inversée. L’équipe cherche d’abord à valider le marché avant d’investir massivement dans le développement. Cette approche plus structurée vise à sécuriser le modèle économique dès les premières étapes.
▬ “On veut comprendre pourquoi les gens seraient prêts à payer avant de construire.”
Une équipe complémentaire et engagée
Le projet est porté par Aude Devilder, issue du secteur agroalimentaire et du conseil, et Antoine Barberin, élève ingénieur à l’ISAE-SUPAERO spécialisé en intelligence artificielle et data science. Leur collaboration s’est construite autour d’Allergenius.
▬ “Ça a super bien matché […] on a décidé de repartir ensemble sur ce nouveau projet.”
Autour d’eux, un écosystème d’advisors se met en place, avec des profils techniques, médicaux et business. Cette structuration progressive renforce la crédibilité du projet.
Une stratégie de lancement structurée
Aujourd’hui, FoodLynx est en phase de structuration. L’objectif est clair : obtenir une première validation du marché. L’équipe échange avec plusieurs acteurs, notamment des mutuelles, pour tester l’intérêt de la solution. “On concentre nos efforts sur un accord de POC avant de développer.”
Le modèle économique repose sur un constat simple : l’errance médicale a un coût important. Réduire ce délai permettrait de générer des économies significatives pour les assureurs. En parallèle, le développement technique avance, avec un premier algorithme déjà fonctionnel.
La bourse comme levier de lancement
La bourse Jeunes Pousses Entrepreneuriat joue un rôle clé dans cette phase. Elle permet de financer des éléments structurants : identité visuelle, communication, premières démarches commerciales, mais aussi les frais administratifs liés à la création de l’entreprise. Au-delà de l’aspect financier, le jury de sélection a bourse apporte aussi une forme de validation. Cette reconnaissance marque un cap : le passage d’un projet étudiant à une véritable démarche entrepreneuriale.
Le message aux donateurs : déclencher l’envie d’entreprendre
Pour Antoine Barberin, l’impact de la bourse dépasse largement son montant.
▬ “C’est le déclencheur qui m’a fait me dire : je peux vraiment lancer ça.”
Il souligne aussi l’importance de l’écosystème de l’ISAE-SUPAERO, qui encourage l’initiative et apporte un regard critique utile.
▬ “L’honnêteté et les retours directs aident énormément quand on entreprend.”
Après une première expérience marquée par des difficultés, l’équipe repart avec une vision plus claire et une détermination renforcée.
FoodLynx s’inscrit dans cette dynamique. Un projet en construction, fondé sur l’apprentissage, la résilience et une ambition forte : améliorer concrètement la prise en charge des troubles digestifs.
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