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10 mois à KTH pour Quentin

Publié le

9 Juil 2024

Parti il y a un an, Quentin est revenu en juin dernier de son aventure Suèdoise. La Fondation lui avait accordé une bourse de mobilité pour une formation diplômante à l’Institut Royal de Technologie afin de développer ses compétences dans le domaine des énergies renouvelables.

Il vous raconte son séjour !

La Fondation ISAE-SUPAERO m’a soutenu lors de mon séjour à l’Institut Royal de Technologie (KTH) en Suède pour suivre un master en énergies renouvelables. Actuellement étudiant en cursus ingénieur à l’ISAE-SUPAERO, j’ai choisi de réaliser ce master durant mon année de césure afin de développer mes compétences dans le domaine des énergies renouvelables, que je souhaite par la suite mettre au cœur de mon métier. Ce séjour a donc été d’une importance capitale pour mon développement personnel et professionnel.

Cette année au sein de KTH a été une étape décisive dans ma carrière, me permettant de clarifier mes ambitions et de me préparer efficacement à contribuer de manière significative au secteur des énergies renouvelables.

Pourquoi avoir choisi d’aller étudier à KTH ?

Quentin Largeron

Je suis passé par une licence de mathématiques et physique à l’Université d’Avignon. J’ai pu me découvrir un fort intérêt pour la dynamique des fluides. C’est pour cette raison que j’ai choisi d’intégrer l’ISAE-SUPAERO afin de continuer à étudier le sujet en profondeur. Durant ma première année à l’Institut, j’ai pu participer à diverses conférences, échanger avec des enseignants chercheurs et camarades de promotions sur les sujets environnementaux. Cela a été une véritable prise de conscience et j’ai souhaité m’investir pleinement dans ce sujet. Je me suis rapidement rendu compte que les thématiques énergétiques sont intimement liées avec le changement climatique, et ces sujets sont peu enseignés à l’École. C’est pour cette raison que j’ai décidé de mettre à profit mon année de césure afin de monter en compétences sur le sujet. Le choix de KTH pour réaliser ce master m’a paru évident, l’École étant de renommée internationale notamment pour son département énergie. De plus, j’ai pu par le passé voyager en Suède et l’atmosphère du pays, sa culture m’avait intrigué et je savais vouloir y retourner pour un long séjour.

Parle-nous du master que tu as choisi d’intégrer ?

J’ai donc intégré le master énergies renouvelables de KTH. Au sein de ce master existent différents parcours : production d’énergie, énergie pour les bâtiments, management d’énergie. J’ai choisi de suivre le parcours énergie pour les bâtiments. Étant déjà conscient des problématiques d’efficacité énergétique des bâtiments je souhaitais en savoir plus sur le sujet. J’ai donc pu suivre des cours sur les pompes à chaleurs, les systèmes photovoltaïques, la technologie de géothermie et un cours plus important sur le design de systèmes intégrant ces trois technologies afin d’optimiser la consommation énergétique des bâtiments. La Suède est un pays pionnier en la matière et de très nombreux projets de collectivités communalisant leur production d’énergie voient le jour sur le territoire. 

En cours annexes, j’ai pu étudier les technologies de stockage d’énergies, plus qu’important lorsque l’on traite d’énergies renouvelables. Passant des technologies des batteries au stockage d’énergie thermique, ce fut réellement enrichissant. J’ai également assisté à un cours traitant de la production à grande échelle d’électricité et de chaleur. La Suède étant un pays nordique, les besoins de chauffage l’hiver sont critiques et donc les moyens mis en place pour y pallier sont à étudier. Enfin, j’ai suivi un cours sur la technologie des réacteurs nucléaires. Le nucléaire n’étant pas intégré au cursus énergies renouvelables, j’ai demandé à l’école si je pouvais suivre des cours d’un autre master pour étudier le sujet tant il est important. En effet, dans la plupart des scénarios de transition énergétique, le nucléaire est présent. Souhaitant travailler dans le secteur de l’énergie, il me paraissait indispensable d’avoir des connaissances de base sur le sujet. Ce cours fut passionnant, malgré sa technicité et le manque de connaissances que j’avais sur le sujet, les enseignants ont su m’accompagner ainsi que les étudiants.

Les méthodes d’enseignements ont aussi été surprenantes pour moi. Contrairement à ce à quoi je suis habitué, il n’existe pas de séance d’exercices guidés pour creuser le cours. Il y a seulement des cours magistraux en amphithéâtre et le cours est principalement évalué lors de projets de groupe. Je trouve le format des projets de groupe très enrichissant. Cela permet dans un premier temps de rencontrer de nouvelles personnes, venues de partout dans le monde, et donc travailler avec des personnes n’ayant pas nécessairement les mêmes méthodes de travail. Ensuite, les sujets de projets sont en général très concrets et complets. Commençant par une recherche bibliographique, les besoins réels sont identifiés et tout calculs ou études sont réalisés dans le but de faire avancer la connaissance générale sur le sujet.

Que retiens-tu de la vie en Suède ?

Mon séjour a aussi été un enrichissement culturel. Mon souhait en venant en Suède était de m’imprégner de la culture du pays, ce que j’ai pu faire. Étant très au nord, les saisons sont extrêmement marquées dans le pays et les comportements changent radicalement en fonction de la saison mais aussi de la région du pays. Le réseau ferré est très bien développé, j’ai donc pu voyager aisément en train couchette à travers tout le pays et ce durant toutes les saisons. Je souhaitais faire l’expérience du froid polaire et observer comment les populations s’adaptent à ces conditions. J’ai donc fait un voyage de 10 jours en Laponie suédoise en plein milieu de l’hiver. Lors de cette période, le soleil ne se lève que 2 heures par jour. Ce fut une expérience hors normes. J’ai pu observer que les populations ne semblaient pas perturbées par ce changement radical mais s’adaptaient parfaitement.

Durant mon séjour, j’ai également eu l’opportunité de visiter la Norvège, un pays qui m’attirait autant que la Suède. J’ai été émerveillé par les paysages majestueux des fjords de la région de Bergen. Lors d’une excursion en bateau tout électrique sur le Naerofjord, j’ai pu mettre en pratique les connaissances acquises dans le cadre d’un cours sur les transports durables suivi à KTH. J’ai eu l’occasion de discuter longuement avec le capitaine du catamaran, qui m’a fait visiter la salle des machines, les batteries et le moteur. Nous avons débattu de l’aspect durable de ce mode de transport, bien que nous ayons eu des points de vue divergents, notamment sur les impacts climatiques. J’ai été surpris qu’une personne aussi informée sur ces aspects puisse être climatosceptique. Cependant, nos échanges sont restés cordiaux et enrichissants. Voir en action un système de transport étudié en cours a été particulièrement instructif.

La Suède est un pays où la culture sportive est très présente, et cela m’a beaucoup marqué. Cette culture se concentre principalement autour de sports individuels tels que la course à pied, le cyclisme et le ski de fond. N’ayant jamais essayé le ski de fond, j’ai été fasciné de voir qu’à Stockholm, dès les premières neiges en octobre, de nombreuses pistes s’ouvrent partout dans la ville. J’ai donc décidé de me lancer dans ce sport, qui est à la fois physique et technique. Pour me motiver, j’ai choisi de m’inscrire à la course la plus emblématique de ce sport : la Vasaloppet, avec un ami de l’ISAE-SUPAERO qui, comme moi, découvrait ce sport. Nous nous sommes entraînés intensément pendant une grande partie de l’hiver. Nous avons même passé une semaine à Östersund, ville où se déroulent les épreuves du championnat du monde de biathlon. Pendant nos entraînements, il nous arrivait de skier aux côtés, et souvent derrière, les skieurs de l’équipe nationale de Suède. C’était impressionnant. La course a eu lieu en février, et nous avons parcouru ensemble les 90 km de ski de fond à travers la campagne suédoise, aux côtés de plus de 15 000 participants. L’ambiance était magique, avec de nombreux locaux venus assister à la course et encourager les participants tout au long des 90 km. L’arrivée fut émouvante, marquant l’aboutissement de plus de trois mois d’entraînement physique acharné. Ce fut l’un des moments forts de mon séjour.

Si tu devais faire un bilan de ton année ?

En arrivant en Suède, je n’imaginais pas que suivre un master en énergies renouvelables pendant une année aurait un impact aussi profond sur moi. Initialement, je considérais cette expérience comme une simple opportunité d’approfondir mes connaissances sur les aspects énergétiques liés au changement climatique. Cependant, cette année s’est avérée bien plus enrichissante que prévu. Dès le début, les cours sur l’approvisionnement énergétique des bâtiments, qu’il s’agisse d’électricité ou de chaleur, ont capté mon attention. J’ai été fasciné par l’impact et la consommation énergétique des bâtiments en France, réalisant l’importance cruciale de ce secteur. Cela m’a incité à approfondir mes connaissances et à adapter mon parcours académique. J’ai modifié mon programme du second semestre pour inclure davantage de cours axés sur l’efficacité énergétique des bâtiments et la production d’électricité et de chaleur.

Ces nouveaux cours m’ont permis de travailler sur des projets de conception de systèmes combinant pompes à chaleur, panneaux solaires et géothermie. Ces projets étaient extrêmement passionnants et ont confirmé mon intérêt pour ce domaine. J’ai alors décidé de faire de l’efficacité énergétique des bâtiments mon cœur de métier.

En prévision de ma dernière année à l’institut, que je souhaite effectuer en contrat de professionnalisation, j’ai contacté plusieurs bureaux d’études spécialisés dans ce domaine. Les entretiens que j’ai passés m’ont permis de comprendre plus en détail le rôle de ces bureaux d’études dans l’implémentation de projets visant à réduire l’impact environnemental des bâtiments. J’ai été particulièrement attiré par l’aspect technique de la conception ainsi que par le suivi des projets.

En parallèle, j’ai échangé avec des professeurs de KTH pour confirmer mon envie de travailler dans ce secteur. J’ai appris que la recherche dans ce domaine est encore à un stade précoce. Les technologies utilisées, bien que connues et maîtrisées, nécessitent des recherches approfondies sur leur mise en œuvre, leurs impacts et leur acceptation sociale. Ce défi, combiné à la technicité et à l’importance environnementale du secteur, m’a définitivement convaincu de poursuivre une carrière dans l’efficacité énergétique des bâtiments. Ainsi, cette année passée en Suède a été déterminante pour mon avenir professionnel. Elle m’a non seulement permis d’acquérir des compétences techniques précieuses, mais aussi de définir avec clarté ma voie professionnelle.

Un mot de la fin ?

Cette année en Suède a été une expérience transformatrice, tant sur le plan personnel que professionnel. Mon séjour à KTH a dépassé mes attentes initiales, me permettant de développer des compétences approfondies dans le domaine des énergies renouvelables, particulièrement en matière d’efficacité énergétique des bâtiments. Cette immersion dans un environnement académique de renommée mondiale, combinée à une expérience culturelle riche et à des interactions stimulantes avec des professionnels et des experts, a renforcé ma détermination à poursuivre une carrière dans ce secteur crucial pour l’avenir.

La possibilité de travailler sur des projets concrets et innovants, comme la conception de systèmes combinant pompes à chaleur, panneaux solaires et géothermie, a été particulièrement enrichissante. Ces projets ont non seulement consolidé mes connaissances techniques, mais ont également confirmé ma passion pour l’efficacité énergétique des bâtiments. En outre, les discussions avec les professeurs de KTH et les professionnels des bureaux d’études spécialisés m’ont donné une vision claire des défis et des opportunités dans ce domaine.

Cette année d’étude et de découverte a également été marquée par des moments forts, tels que ma participation à la Vasaloppet, qui ont ajouté une dimension unique à mon séjour. Ces expériences ont non seulement contribué à mon développement personnel, mais m’ont aussi permis de mieux comprendre et apprécier la culture suédoise.

 

Mon séjour à KTH, soutenu par la Fondation ISAE-SUPAERO, a été une étape déterminante dans mon parcours. Il m’a préparé de manière exceptionnelle à relever les défis professionnels à venir et à contribuer de manière significative au secteur des énergies renouvelables. Avec une vision plus claire de mes objectifs professionnels et une solide base de connaissances, je suis désormais prêt à m’engager pleinement dans une carrière dédiée à la transition énergétique.

Je veux soutenir des séjours comme celui de Quentin